EPB ou Slurry : choisir le bon tunnelier selon le sol, l'eau et le projet
Le choix d'un tunnelier se joue d'abord sur la géologie et le régime hydraulique. En terrain cohésif et meuble — argiles, limons, sables fins — le tunnelier à pression de terre (EPB) reste la référence : mousse et polymères conditionnent le sol excavé pour qu'il forme une pâte plastique étanche, capable de transmettre la pression de confinement à la face via la vis d'extraction. Le réglage du conditionnement, de la densité de mousse et de la vitesse d'avancement devient alors le cœur du pilotage.
Face à des sols perméables, granulaires ou à forte charge d'eau — sables grossiers, graviers, karst — le tunnelier à boue (slurry) prend l'avantage. Une suspension de bentonite forme un cake à la face et équilibre la pression hydrostatique, tandis qu'une usine de séparation en surface recycle la boue et trie les cuttings. Cette efficacité a un coût : emprise au sol, consommation d'eau et logistique de surface à intégrer dès la conception.
En roche dure, abrasive ou très hétérogène, le double bouclier et les machines hard-rock offrent des cadences supérieures, avec des molettes adaptées à la résistance mesurée. Les programmes latino-américains, souvent en métro ou en tunnel hydraulique traversant des alternances volcaniques et sédimentaires, imposent une lecture croisée : perméabilité, hauteur d'eau, couverture, tassement urbain et logistique. Anticiper les pièces d'usure — molettes, joints, boulons de voûte — évite l'arrêt du chantier ; OUSUN, à Deyang, les livre en 2 à 4 semaines.